Chez ArianeGroup, 600 postes menacés

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iconeExtrait de l’hebdo n°3793

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 05/10/2021 à 12h00

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© Jacques Witt/Pool-RÉA

Les 9 000 salariés d’ArianeGroup avaient appris fin septembre par voie de presse la décision de la direction de supprimer 600 postes d’ici à la fin de 2022. Tous attendaient avec fébrilité le réel volume d’emplois concernés, les sites touchés et les modalités de départs, finalement dévoilées ce 8 octobre devant le CSE. Au total, le plan concernera donc 588 postes, dont 530 en France. L’ensemble des 13 sites français et des deux sites allemands seront impactés. A Vernon, dans l’Eure (620 postes en ETP), les salariés sont également concernés par le transfert prochain de la production du moteur Vinci vers le site allemand d’Ottobrun. Un dixième des postes devrait être supprimé.

Certes, les difficultés économiques de cette coentreprise – qui réunit l’avionneur Airbus et le motoriste Safran, spécialisé dans les lanceurs pour fusées et satellites (lanceur Ariane 5 et le futur Ariane 6) – ne sont pas nouvelles.

Dès 2018, la direction avait fait part de son intention de supprimer 2 500 postes à l’horizon 2025, pour faire face à la concurrence de SpaceX (l’entreprise d’Elon Musk, qui a révolutionné le marché du spatial en divisant par deux ou trois le coût des lancements). Il n'empêche: cette annonce de suppression de 600 postes ne passe pas auprès des salariés. La Fédération générale des Mines et de la Métallurgie (FGMM) estime d’ailleurs qu’une telle décision « relève de l’arbitraire car la direction n’a pas pu justifier ce chiffre ».

Transfert de production vers l’Allemagne

1. Équivalents temps plein.

Autre sujet d’inquiétude, qui touche plus spécifiquement les salariés du site de Vernon (Eure) : le transfert annoncé de la production du Vinci (moteur réallumable de l’étage supérieur d’Ariane 6) vers le site allemand d’Ottobrunn. « La direction actait le départ du Vinci en affirmant que cela représentait 25 ETP1 mais nous savons que derrière ce transfert, c’est notamment la zone d’essais qui est menacée », s’alarme Ludovic Blanchard, délégué syndical du site de Vernon, qui souligne qu’« entre 2017 et 2020, le site a déjà perdu 21 % de son effectif en équivalents temps plein. À l’horizon 2025, c’était environ 40 % des effectifs qui étaient visés. Aujourd’hui, nous ne savons rien du niveau de charge global du site pour l’avenir ».

Les salariés attendent de la réunion du CSE extraordinaire, du 8 octobre des informations claires et des explications. « La CFDT attend de la direction qu’elle apporte la démonstration que l’on peut réellement supprimer ces 600 postes l’année même où l’entreprise doit mener à bien le premier vol d’Ariane 6, aujourd’hui prévu à la fin de 2022, » précise la FGMM.