Avec son projet de fusion-absorption, la Société Générale hypothèque l’avenir

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iconeExtrait de l’hebdo n°3795

La réorganisation annoncée en 2020 entraînera la suppression de 3 700 postes, soit 15 % des effectifs, et une réduction significative du nombre des agences d’ici à 2025. La CFDT-Banques et Assurances en appelle à la loyauté du dialogue social.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 19/10/2021 à 12h00

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© Laurent Grandguillot/RÉA

« Une seule banque, avec un seul réseau, un seul siège, et un seul système informatique » : la direction de la Société Générale résume ainsi l’ambition de sa nouvelle banque de détail. Un an après avoir révélé au grand public son projet de fusion-absorption de son réseau de banque de détail avec celui du Crédit du Nord, la Société Générale est venue préciser le 12 octobre devant les organisations syndicales le modèle et l’organisation détaillée de cette nouvelle banque de détail, « ancrée localement ».

Le nombre des agences divisé par deux en dix ans

Mais derrière les mots, la réalité est tout autre. Cette réorganisation doit se traduire par la suppression de 3 700 postes et la réduction de 30 % du nombre d’agences, passant de 2 100 actuellement (tous réseaux confondus) à 1 450 à l’horizon 2025. À cette date, c’est donc une division par deux du réseau qui aura été opérée en dix ans. « Avec un art consommé de la sémantique, la Société Générale donne l’impression que cette fusion se fait dans la douceur et ne prévoit pas de départs contraints, estime la CFDT-Banques et Assurances. Les salariés concernés seront bel et bien contraints de subir, a minima, une mobilité géographique ou de quitter l’entreprise. »

Le groupe mise sur les départs naturels, estimés à 1 500 par an d’ici à 2025, ainsi que sur les reclassements et la mobilité interne, tout en reconnaissant que « sur certains métiers et bassins d’emploi, des mesures complémentaires de départs volontaires pourraient être mises en place ». Les back offices, ces centres de traitement des opérations bancaires, seront quant à eux divisés par deux.

Justifications économiques

Derrière le discours invoquant la responsabilité sociale, la stratégie choisie par la Société Générale continue donc… « Celle qui, pour satisfaire les marchés financiers, amène les banques commerciales à alléger leurs structures, détruire des emplois et contribuer à la désertification de certains territoires », poursuit la Fédération Banques et Assurances, qui refuse de laisser hypothéquer l’avenir des salariés.
Considérant qu’elles ont été mises au pied du mur, les organisations syndicales dénoncent « un simulacre de dialogue social » et appellent la direction à revenir à « un dialogue social honnête et loyal [fondé sur] une communication transparente sur la stratégie pour adapter les plans de formations et le reclassement interne des salariés, assurer une organisation de travail optimale, qualitative, et prévenir tous risques sur la santé des salariés ».

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

À ce jour, la CFDT-Société Générale dit toujours attendre les éléments économiques qui justifient ce projet autres que l’objectif de réduction des coûts, à l’origine de tous les dossiers de restructuration de ce géant français du secteur bancaire.