La CFDT conforte sa place de premier syndicat de France dans le privé !

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iconeExtrait de l’hebdo n°3780

À l’issue du troisième cycle de représentativité dans le privé, la CFDT consolide sa place de première organisation syndicale dans le privé avec 26,77 % des suffrages, en progression de 0,38 point.

Par Nicolas Ballot— Publié le 26/05/2021 à 09h11 et mis à jour le 10/08/2021 à 13h00

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© InfoCom CFDT

1. Élections CSE dans les entreprises de plus de 10 salariés, élections TPE et chambres d’agriculture.

Quatre ans après être devenue la première organisation syndicale de France dans le privé, la CFDT confirme et conforte sa première place, comme en témoigne la compilation des résultats des élections professionnelles depuis quatre ans1 présentée ce 26 mai aux partenaires sociaux réunis au sein du Haut Conseil du dialogue social (HCDS). Avec une progression de 0,38 point pour atteindre 26,77 % des voix, la CFDT creuse l’écart avec la CGT (qui perd près de 2 points, à 22,96 %). Viennent ensuite FO, la CFE-CGC et la CFTC, qui complètent la liste des syndicats représentatifs à l’échelle nationale, dans le même ordre qu’il y a quatre ans.

Calcul de l’audience syndicale 2021.
Calcul de l’audience syndicale 2021.© HCDS

Le choix d’un syndicalisme utile

Laurent Berger a immédiatement réagi sur Twitter afin de remercier les militantes et militants CFDT qui, au jour le jour, agissent dans les entreprises en vue d’améliorer concrètement la vie de leurs collègues. Selon le secrétaire général de la CFDT, « ce résultat conforte un syndicalisme au service des salariés. Il nous engage. Les travailleurs n’ont jamais eu autant besoin d’une organisation forte pour affronter les défis d’un monde en mutation », avant d’encourager les salariés à « rejoindre le premier syndicat de France », qui « agit quotidiennement pour améliorer leur vie au travail ». 

De son côté, la Commission exécutive de la CFDT relève que « dans une période bousculée par les crises économique et sanitaire, chahutée par des tentations extrémistes, la CFDT reste un repère, fidèle à ses valeurs de solidarité, d’émancipation et de justice sociale. Elle inscrit son engagement dans une histoire qui fait de la confrontation démocratique la pierre angulaire de son action ». Ce résultat, dans le contexte sanitaire et social difficile que connaît notre pays, « confère une grande responsabilité [à la CFDT et à ses centaines de milliers de militantes et militants] », insiste la Commission exécutive.

Une baisse de la participation qui interroge

Au-delà de ces résultats exprimés en pourcentages, il est inquiétant de constater que si pas moins de 5 398 796 salariés ont voté lors ce cycle d’élections, cela représente tout de même une diminution de 4,57 points de la participation aux élections professionnelles depuis quatre ans. Si la participation globale s’élève à 38,24 %, elle monte à 57 % pour les élections concernant les CSE (comités sociaux et économiques), loin des 5,5 % des dernières élections TPE. Pour autant, selon la CFDT, cette baisse globale de la participation « n’est pas sans lien avec les ordonnances de 2017, qui ont supprimé les représentants de proximité ».

De son côté, sans se prononcer ouvertement sur les causes, Jean-Denis Combrexelle, le président du HCDS, reconnaît qu’« il ne faut pas se cacher derrière la crise sanitaire pour expliquer cette diminution de la participation ». Et concernant plus précisément le scrutin TPE, les membres du HCDS (organisations syndicales et patronales ainsi que l’administration) sont d’accord sur la nécessité de le maintenir et de trouver des modalités nouvelles afin d’améliorer la participation, tout en reconnaissant qu’« il n’y a pas de solution miracle ».

Rendez-vous en juillet pour les arrêtés

À propos de l'auteur

Nicolas Ballot
rédacteur en chef de Syndicalisme Hebdo et de CFDT Magazine

Le HCDS rendra en juillet prochain un avis sur la liste des organisations syndicales représentatives aux niveaux national et interprofessionnel, puis, au second semestre, au niveau des différentes branches. Ces avis feront ensuite l’objet d’arrêtés de représentativité de la ministre du Travail.

Les critères de représentativité

Aux niveaux national et interprofessionnel comme au niveau des branches professionnelles, une organisation syndicale doit recueillir au moins 8 % des suffrages exprimés pour être représentative – c’est-à-dire avoir la capacité de signer des accords collectifs.
Outre l’audience électorale, les organisations syndicales doivent satisfaire à plusieurs autres critères, contrôlés par le HCDS, pour pouvoir être représentatives :
— respect des valeurs républicaines ;
— indépendance et transparence financière ;
— ancienneté de deux ans ;
— influence ;
— effectifs et cotisations.

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