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Extrait de l'hebdo n°4015
Deux ans après avoir lancé une démarche qualité de vie et conditions de travail (QVCT) en vue d’améliorer le quotidien des agents de cette commune girondine, la CFDT a signé un accord local. Ce texte prévoit la mise en œuvre de 150 actions pendant trois ans, tant en matière de formation, de charge et de rythme de travail que de prévention des risques professionnels.

« Nous pouvons être fiers et satisfaits du travail que nous avons accompli pendant plus de deux ans ! », témoigne Fabrice Rouillon, animateur et secrétaire de la section CFDT de la ville de Blanquefort (Gironde), une commune d’environ 17 200 habitants située à une dizaine de kilomètres de Bordeaux. Fiers, il y a de quoi l’être ; et de l’investissement militant aussi… car tout ne s’est pas fait en un jour, loin de là. Il aura fallu vingt-six mois de dialogue social avec la collectivité, dont un an d’audit mené par le cabinet de conseil Syndex et sept comités de pilotage pour parvenir à la signature d’un accord collectif relatif à la QVCT, le premier du genre à l’échelle du département.
Pourquoi avoir investi un tel sujet ? « Alors que certains agents dénoncent une perte de sens dans leur travail, voient leurs missions de service public questionnées et estiment qu’ils n’ont pas toujours les moyens de les mener à bien, il nous paraissait essentiel d’agir dans ce domaine », explique Fabrice Rouillon. « Dans un contexte de transformation de la fonction publique territoriale, c’est un levier d’engagement, de motivation et de fidélisation des agents », rebondit Patricia Giroux, élue CFDT, secrétaire administrative et comptable à la médiathèque municipale.
Une méthode participative
Cet accord, signé le 4 mars 2026 par la CFDT, la CGT et FO, applicable aux 360 agents titulaires ou contractuels blanquefortais, définit huit thèmes d’actions prioritaires pour la période 2026-2028 – dont la place des politiques publiques, les modes de gestion des ressources humaines, la formation, les pratiques managériales, la clarté des postes mais aussi la charge de travail et les rythmes de travail. « Tous ces items ont été jugés prioritaires par les agents eux-mêmes », explique Fabrice Rouillon. Les attentes et les besoins des agents ont en effet été recueillis en amont. La CFDT, première organisation syndicale dans la ville de Blanquefort1, n’a pas ménagé sa peine pour que les agents remplissent le questionnaire QVTC et s’expriment dans le cadre d’entretiens collectifs organisés par métiers ou services.
Cette méthode participative a d’ailleurs rencontré un certain succès puisqu’ils sont 259 (66,2 %) à avoir pris le temps de répondre à la centaine de questions qui leur étaient adressées. « Il était essentiel d’embarquer les agents dans cette démarche », complète Patricia Giroux. La section a également pu s’appuyer sur sa trentaine d’adhérents pour faire remonter les problématiques particulières et étayer ses propositions.
Deux plans d’action et une évaluation annuelle
Concrètement, cet accord de cinq pages comprend deux plans d’action qui feront l’objet d’un suivi et d’une évaluation chaque année jusqu’en 2028 : un plan d’action généraliste et un plan d’action plus spécifique. Le premier concerne l’ensemble des agents de la ville, le second des services et des missions identifiés comme problématiques et sur lesquels il convient d’engager rapidement des actions correctives. « L’enquête a notamment révélé la situation très compliquée des animateurs et animatrices, ce qui nous a conduits à engager ces mesures ciblées », explique Fabrice Rouillon.
Les signataires ont défini treize axes de travail pour les trois prochaines années, notamment un accompagnement renforcé des agents éloignés des outils informatiques dans leur recherche de formation, la révision du système des évaluations ou encore la clarification du périmètre des postes de travail. Et en ce qui concerne les agents chargés de l’entretien des bâtiments, une démarche d’évaluation de la charge de travail sera ouverte. Dans le service petite enfance, un engagement à limiter la rotation des contractuels a été pris.
Veiller à l’effectivité des mesures
« Cet accord démontre que nous pouvons faire bouger les lignes grâce au dialogue », insiste Fabrice Rouillon, soulignant qu’il faut un interlocuteur « prêt à s’engager et jouant évidemment le jeu du dialogue social ». Autre satisfaction pour la section : cet accord pourrait faire des petits puisqu’une dizaine de sollicitations émanant de militants CFDT sensibles à la démarche ont déjà été recensées.
« Maintenant, il n’y a plus qu’à… », s’exclame Patricia Giroux. La feuille de route est suffisamment claire ; il faut maintenant transformer l’essai et s’assurer de l’effectivité des mesures. La CFDT y veillera, entre autres lors des deux réunions annuelles du comité de suivi, prévues par l’accord en juin et décembre. Et comme elle l’a fait tout au long de la négociation, elle jouera la carte de la transparence et de la communication. Sans manquer de tenir les agents informés de son action dans son édition trimestrielle de son Petit journal ou, le cas échéant, au moyen de flashs infos ponctuels. Des « rendez-vous papier » viendront s’ajouter aux tournées dans les services et autres heures mensuelles d’informations.
À six mois des élections professionnelles dans la fonction publique, les militants blanquefortais ne se priveront pas de rappeler que mettre un bulletin CFDT dans l’urne revient à voter afin d’être acteur de sa qualité de vie et de ses conditions de travail. Pour la section, ce n’est pas qu’un slogan mais bien une ambition syndicale au quotidien.