Une marche pour défendre les travailleurs essentiels

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iconeExtrait de l’hebdo n°3809

La Fédération CFDT des Services appelle à une marche dans Paris, le jeudi 3 février, pour rendre visibles les travailleurs essentiels et faire entendre ses revendications. Près de deux ans après le début de la crise sanitaire, les promesses de revalorisation de ces métiers ne se sont pas concrétisées.

Par Fabrice Dedieu— Publié le 27/01/2022 à 06h50 et mis à jour le 02/02/2022 à 06h57

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© CFDT-Services

Ils ont été très exposés durant la crise sanitaire, sur le pont quand tout le monde restait confiné. Mais les promesses de reconnaissance tardent à se concrétiser. « Ça fait presque deux ans que cette reconnaissance est en réflexion, vingt-trois fins de mois que l’on se pose la question : c’est pour quand ? », tonne Véronique Revillod, secrétaire générale adjointe de la CFDT-Services.

1. La CFDT-Interco, la CFDT-Défense (FEAE) et la CFDT-Retraités ont d’ores et déjà confirmé leur présence.

Employés de la grande distribution, agents de sécurité, salariés des entreprises de nettoyage, assistants maternels… : ces travailleurs seront dans la rue, le 3 février à Paris 15e (de Beaugrenelle [7, quai André-Citroën] à la place Cambronne), à l’appel de la CFDT-Services1. « L’objectif, c’est de rendre visibles ces travailleurs souvent invisibles. Parce que, pour qu’il y ait une reconnaissance, il faut d’abord les connaître », souligne Olivier Guivarch, secrétaire général de la fédération. 

Des propositions patronales indécentes

Dans les différents secteurs (propreté, entreprises des services à la personne, prévention-sécurité, commerce alimentaire, secteur du médico-technique, assistants maternels et salariés du particulier employeur), les négociations, lorsqu’elles ont eu lieu, n’ont pas été à la hauteur des espérances. Ainsi, dans le secteur de la propreté, la CFDT a refusé en 2021 de signer quatre accords dont celui relatif à la revalorisation des salaires de la branche, qui prévoyait une augmentation de 1,6 % ; bien en deçà de l’inflation.

Dans le commerce alimentaire, aucune négociation de branche n’a été ouverte pour le moment, et le patronat traîne des pieds. Pourtant, ces salaires minimaux conventionnels concernent de très nombreux salariés (ceux des magasins franchisés, par exemple), non couverts par les accords d’entreprise. Chez les distributeurs, enfin, les augmentations accordées dans le cadre des négociations annuelles obligatoires sont restées souvent en dessous de l’inflation… Dans la branche des entreprises de services à la personne, les propositions ont été jugées indécentes : les écarts entre les différents niveaux de la grille sont de seulement quelques centimes.

Avancer sur les “cinq piliers”

Avec cette marche, la Fédération des Services souhaite rappeler au bon souvenir du patronat ses revendications secteur par secteur. Selon Véronique Revillod, « il faut avancer sur les cinq piliers : la rémunération, les conditions et le temps de travail, la formation, le parcours et le dialogue social ». « Ces propositions sont sur la table, insiste Olivier Guivarch. On défend nos revendications, qui sont légitimes, réalistes, qui méritent d’être négociées, plutôt que d’avoir une fin de non-recevoir. »

Et de rappeler que l’augmentation n’est pas l’alpha et l’oméga de la reconnaissance. « Si on n’avance pas non plus sur les parcours professionnels de ces salariés, eh bien ceux-ci resteront longtemps payés à des niveaux proches du Smic. Ils doivent avoir un parcours reconnu, passer d’un niveau de compétence à un autre. » Des exigences rappelées dans une tribune intitulée « Nous, travailleurs de la seconde ligne », signée par les délégués syndicaux.

À propos de l'auteur

Fabrice Dedieu
Journaliste

Il y a urgence, rappelait Laurent Berger sur franceinter, le 24 janvier : « Je crois que si on ne revalorise pas, et dans l’état d’esprit de la société mais aussi en termes de salaires, de déroulement de carrière, de reconnaissance pour ces travailleurs […] il y aura une grande démission, parce qu’il y aura un sentiment de ne pas être reconnu. Donc si on veut éviter ça, et il faut l’éviter, il faut redistribuer les richesses autrement. »