Transports urbains : elles assurent !

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© Joseph Melin

iconeExtrait du magazine n°482

Le gong fait partie des bruits familiers entendus par les piétons déambulant à Nantes, première ville à avoir remis en service le tramway, qui mettait fin à la politique du « tout voiture » des Trente Glorieuses.

Par Claire Nillus— Publié le 01/04/2022 à 09h00

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

Avec 44 kilomètres de rails, c’est à la fois l’un des plus anciens et des plus grands réseaux de France. Complété par 63 lignes de bus, le réseau relie aujourd’hui 656 000 habitants et 24 communes. La collectivité en a confié la gestion à la Semitan (Société d’économie mixte des transports en commun de l’agglomération nantaise), qui emploie 2 150 salariés. Parmi eux : 1 402 conducteurs dont 331 femmes (chiffres de l’année 2020).

La CFDT y est majoritaire avec 39,69 % des voix. Elle défend plusieurs dossiers importants comme la miseaux normes des ralentisseurs ou la lutte contre les incivilités, qui affectent aussi bien les conducteurs que les usagers…La section est très active et s’est fait connaître lors de la « Journée de la jupe » en 2017. Interdits de port de bermudas en pleine canicule, les conducteurs sont venus travailler avec les jupes de leurs collègues… La vidéo était devenue virale.

À bord de leur véhicule, en ce jour de février, le pantalon est de mise pour Béatrice et Lydie, à la fois conductrices de bus et de tram. Embarquement immédiat. 

Béatrice, 49 ans, élue CFDT au comité social et économique (CSE), est entrée à la Semitan à l’âge de 31 ans. Elle faisait partie des équipes de prévention qui interviennent sur le réseau en cas d’incidents (pannes, malaises voyageurs, etc.) avant de devenir conductrice. « Le cœur de métier, ici, c’est la conduite, et l’entreprise finance la formation. J’ai saisi cette opportunité et je ne l’ai jamais regretté ! »
Béatrice, 49 ans, élue CFDT au comité social et économique (CSE), est entrée à la Semitan à l’âge de 31 ans. Elle faisait partie des équipes de prévention qui interviennent sur le réseau en cas d’incidents (pannes, malaises voyageurs, etc.) avant de devenir conductrice. « Le cœur de métier, ici, c’est la conduite, et l’entreprise finance la formation. J’ai saisi cette opportunité et je ne l’ai jamais regretté ! »© Joseph Melin
Lydie, 47 ans, adhérente CFDT depuis quinze ans, est dans l’entreprise depuis huit ans. Elle a d’abord été contrôleuse avant de passer son permis D (transport de plus de huit passagers). À la Semitan, elle apprécie la sécurité de l’emploi, le contact avec la clientèle et son rôle au sein du CSE, où elle est suppléante.
Lydie, 47 ans, adhérente CFDT depuis quinze ans, est dans l’entreprise depuis huit ans. Elle a d’abord été contrôleuse avant de passer son permis D (transport de plus de huit passagers). À la Semitan, elle apprécie la sécurité de l’emploi, le contact avec la clientèle et son rôle au sein du CSE, où elle est suppléante.© Joseph Melin
Il y a 1 100 ronds-points dans l’agglomération et 1 200 dos-d’âne : « Il faut veiller aux douleurs [de dos, des coudes] et mettre à profit chaque pause pour marcher un peu et détendre ses muscles. »
Il y a 1 100 ronds-points dans l’agglomération et 1 200 dos-d’âne : « Il faut veiller aux douleurs [de dos, des coudes] et mettre à profit chaque pause pour marcher un peu et détendre ses muscles. »© Joseph Melin
Tous les bus sont équipés d’une vitre anti-agression. La sécurité est un sujet pris très au sérieux à la Semitan. Les femmes peuvent refuser les horaires de nuit.
Tous les bus sont équipés d’une vitre anti-agression. La sécurité est un sujet pris très au sérieux à la Semitan. Les femmes peuvent refuser les horaires de nuit.© Joseph Melin
« Le temps est notre obsession ! », confie Béatrice. Il faut tenir les temps de parcours annoncés tout en laissant le temps à une personne âgée de monter et s’asseoir, à une personne en fauteuil roulant de descendre, prendre le temps de vendre des tickets, rendre la monnaie et jongler avec les aléas de la circulation… « Il est interdit de prendre de l’avance, et nous avons seulement trois minutes de retard tolérées. »
« Le temps est notre obsession ! », confie Béatrice. Il faut tenir les temps de parcours annoncés tout en laissant le temps à une personne âgée de monter et s’asseoir, à une personne en fauteuil roulant de descendre, prendre le temps de vendre des tickets, rendre la monnaie et jongler avec les aléas de la circulation… « Il est interdit de prendre de l’avance, et nous avons seulement trois minutes de retard tolérées. »© Joseph Melin
Chaque arrêt exige de la concentration. « Un tramway, c’est un poids lourd. Pour stopper 40 tonnes, il faut 40 mètres, donc cela demande de l’anticipation, tout le temps. Et s’il y a de la pluie ou des feuilles sur les rails, alors c’est une vraie patinoire. »
Chaque arrêt exige de la concentration. « Un tramway, c’est un poids lourd. Pour stopper 40 tonnes, il faut 40 mètres, donc cela demande de l’anticipation, tout le temps. Et s’il y a de la pluie ou des feuilles sur les rails, alors c’est une vraie patinoire. »© Joseph Melin
« Les gens pensent que nous pouvons freiner n’importe où, regrette Lydie. Ils ne réalisent pas que le véhicule fait dix-huit mètres de long ! »
« Les gens pensent que nous pouvons freiner n’importe où, regrette Lydie. Ils ne réalisent pas que le véhicule fait dix-huit mètres de long ! »© Joseph Melin
« Les gens pensent que nous pouvons freiner n’importe où, regrette Lydie. Ils ne réalisent pas que le véhicule fait dix-huit mètres de long ! »
« Les gens pensent que nous pouvons freiner n’importe où, regrette Lydie. Ils ne réalisent pas que le véhicule fait dix-huit mètres de long ! »© Joseph Melin
« Conduire un tram ne se résume pas à actionner une manette ! renchérit Béatrice. C’est plus fatigant que le bus, il faut plus de vigilance car, en cas d’impondérables sur la voie (piéton, vélo…), le frein d’urgence ne suffit pas, il faut prévoir le pire tout le temps. »
« Conduire un tram ne se résume pas à actionner une manette ! renchérit Béatrice. C’est plus fatigant que le bus, il faut plus de vigilance car, en cas d’impondérables sur la voie (piéton, vélo…), le frein d’urgence ne suffit pas, il faut prévoir le pire tout le temps. »© Joseph Melin
C’est avec le pied qu’elles actionnent le fameux gong qui fait sursauter les distraits sur la voie publique… Tout comme la vitesse, le nombre de gongs est enregistré sur le tachygraphe et sera contrôlé, car il est gage de sécurité.
C’est avec le pied qu’elles actionnent le fameux gong qui fait sursauter les distraits sur la voie publique… Tout comme la vitesse, le nombre de gongs est enregistré sur le tachygraphe et sera contrôlé, car il est gage de sécurité.© Joseph Melin
Seules au volant ? non, pas vraiment… « Il faut garder la tête froide quand on a la responsabilité de transporter jusqu’à 400 voyageurs par rame. Mais on se sent utile et on n’aime pas les sièges vides ! », sourit Lydie.
Seules au volant ? non, pas vraiment… « Il faut garder la tête froide quand on a la responsabilité de transporter jusqu’à 400 voyageurs par rame. Mais on se sent utile et on n’aime pas les sièges vides ! », sourit Lydie.© Joseph Melin
Même salaire que les hommes, mêmes avantages, « mais la vie de famille n’est pas facile lorsque les enfants sont petits, reconnaît Lydie. Les miens sont grands, alors les horaires me conviennent. »
Même salaire que les hommes, mêmes avantages, « mais la vie de famille n’est pas facile lorsque les enfants sont petits, reconnaît Lydie. Les miens sont grands, alors les horaires me conviennent. »© Joseph Melin
Tous les « roulants » parcourent entre vingt mille et vingt-cinq mille kilomètres par an. Une journée de travail correspond à près de sept heures au volant. La section CFDT a revendiqué la semaine de quatre jours pour que les salariés disposent d’un jour de repos supplémentaire. À la clé, des enjeux d’attractivité pour le métier, tandis que la conciliation des temps est, ici comme dans d’autres secteurs d’activité, un véritable enjeu de qualité de vie au travail.
Tous les « roulants » parcourent entre vingt mille et vingt-cinq mille kilomètres par an. Une journée de travail correspond à près de sept heures au volant. La section CFDT a revendiqué la semaine de quatre jours pour que les salariés disposent d’un jour de repos supplémentaire. À la clé, des enjeux d’attractivité pour le métier, tandis que la conciliation des temps est, ici comme dans d’autres secteurs d’activité, un véritable enjeu de qualité de vie au travail.© Joseph Melin