Santé et sécurité au travail enfin reconnues comme droits fondamentaux

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iconeExtrait de l’hebdo n°3834

À l’occasion de la 110e session de la Conférence internationale du Travail, les syndicats ont obtenu l’inclusion de la sécurité de travail comme droit fondamental. Une avancée historique et engageante pour les 187 États membres.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 28/06/2022 à 12h00

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© flickr OIT

Arraché… le mot n’est pas trop fort. Au terme de plusieurs jours de discussions parfois épineuses, le camp des travailleurs savoure ce qu’il considère comme « une avancée historique » pour des millions de travailleurs dans le monde. Réunis du 27 mai au 11 juin à l’occasion de la 110e session de la Conférence internationale du Travail, les représentants des gouvernements, employeurs et travailleurs ont adopté une résolution visant à ajouter le principe d’un environnement de travail sûr et sain aux droits fondamentaux définis en 1998 par l’Organisation internationale du travail. Un travail de longue haleine pour la CFDT et l’ensemble des organisations syndicales françaises, qui plaident pour une telle résolution depuis des années – la crise sanitaire étant venue renforcer le sentiment d’urgence.

De nouvelles obligations pour la France

Alors que 3 millions de personnes meurent chaque année d’accidents et de maladies liées au travail, cette décision oblige les 187 États membres à appliquer les conventions encadrant ces questions, même s’ils ne les ont pas ratifiées. C’est notamment le cas de la France, qui n’a toujours pas ratifié la convention no 155 relative à la santé au travail… datant de 1981 ! Désormais, les travailleurs français vont pouvoir s’appuyer sur cette résolution pour « définir, mettre en application et réexaminer périodiquement une politique nationale cohérente en matière de sécurité, de santé des travailleurs, en consultation avec les organisations de travailleurs représentatives », et ce, dans toutes les branches d’activité.

L’environnement de travail devient ainsi la cinquième catégorie des principes fondamentaux au travail – les quatre premiers étant le droit à la négociation collective, l’élimination du travail forcé, l’abolition du travail des enfants et la discrimination en matière d’emploi.

Travail décent pour les professionnels du soin

Une intervention de la CFDT – plébiscitée par l’ensemble des organisations syndicales, le gouvernement et le patronat français – aura également marqué cette 110e session de la Conférence internationale du Travail. Dans le cadre d’une étude d’ensemble sur le travail décent des travailleurs du soin, la Confédération (en lien avec la CFDT-Santé-Sociaux) a tenu à témoigner des difficultés actuelles des professionnels de santé. « Le fait que des pays occidentaux soulèvent l’état délétère de notre système de santé et des personnels soignants, situation dans laquelle peuvent se trouver nombre de pays en voie de développement, n’est pas passé inaperçu », résume la CFDT.