Extrait du magazine n°526
Près de 2 000 saisonniers travaillent au parc Astérix chaque année. Certains reviennent régulièrement, d’autres non. Ces parcours variés invitent la section syndicale à adapter leur accompagnement.

Neuf heures… Le soleil brille dans les allées du parc Astérix. Tandis que les premiers visiteurs se précipitent vers les attractions, quelque 2 000 saisonniers s’activent en coulisses pour faire vivre décors gaulois, boutiques, hôtels, restaurants… Essentiels au bon fonctionnement du parc, ils forment une main-d’œuvre bigarrée. Certains ne restent que quelques semaines, d’autres reviennent chaque année, encouragés par une politique des ressources humaines qui a tout intérêt à fidéliser ces employés.
“Si j’avais le choix, je préférerais un CDI. Mais je reviens parce que je me plais ici.”
Leurs trajectoires racontent une réalité nuancée de l’emploi saisonnier et constituent un véritable défi pour les équipes syndicales.Pour Laurence (photo ci-dessous), il s’agit d’un nouveau départ. Dans les cuisines du restaurant Les Comptoirs d’Épidemaïs, elle se remémore son arrivée : « J’ai été embauchée en mai dernier après avoir quitté un CDI de cheffe en Ehpad. J’ai déjà été promue seconde de cuisine. Je n’ai jamais été aussi heureuse sur un poste. »
Le contrat saisonnier ne l’inquiète pas : « Le parc ne ferme qu’un mois par an. Ça me laisse le temps de partir en vacances. J’y gagne en qualité de vie. Avant, je partais travailler à 4 heures du matin. Ici, je commence à 7 h 30 et je suis à côté de chez moi. »
Un peu plus loin, Alex travaille dans une boutique de souvenirs. C’est sa quatrième saison : « Si j’avais le choix, je préférerais un CDI. Mais je reviens parce que je me plais ici. Et savoir que mon poste m’attend la saison suivante est rassurant. »

Mariam et Thomas, eux, ont rejoint le service « Expérience client » de l’hôtel Les Trois Hiboux, après avoir suivi un cursus d’études en marketing. Pendant quelques mois, ils s’occupent de la gestion des réclamations, analysent les enquêtes de satisfaction et font le lien avec les équipes opérationnelles. « Cette expérience me permet d’affiner mon projet professionnel. Je la vois comme un tremplin », positive Mariam. Thomas, lui, souligne les limites du modèle : « Le salaire au Smic, le travail les week-ends et le manque de perspectives immédiates de CDI sont clairement des freins », admet le jeune homme, qui ne pense pas repostuler l’année prochaine.

Priorité de réembauche
Cette diversité de profils constitue un défi pour les équipes syndicales. « Il y a tout un travail d’information à faire sur les droits des saisonniers », explique Raphaël Ciesielski, délégué syndical CFDT. Selon lui, le rôle du syndicat se joue aussi en amont : « Nous avons négocié une priorité de réembauche pour tous les saisonniers qui ont travaillé au moins cinq mois ainsi qu’un entretien obligatoire avec le manager en fin de saison. C’est une véritable avancée que l’on voudrait reproduire au niveau de la branche », poursuit le militant. Cet été, néanmoins, un sujet le préoccupe : la chaleur. Rotations plus fréquentes, espaces climatisés, distribution d’eau et de crème solaire… le parc a déjà mis en place des mesures mais la CFDT souhaite aller plus loin. « Par endroits, les sièges sont tellement brûlants que les visiteurs ne peuvent pas monter sur les manèges. Nous voulons négocier un plan chaleur et pouvoir fermer certaines attractions en cas de températures extrêmes », explique-t-il. Un enjeu de santé pour les salariés et pour la continuité de l’activité, par Toutatis !