Des premières annonces à la jeunesse jugées insuffisantes

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icone Extrait de l'hebdo n°4033

Après quatre semaines de silence, le gouvernement a annoncé une série de mesures visant à répondre à la colère lycéenne et étudiante. Si de nombreuses organisations de jeunesse se félicitent d’obtenir enfin des propositions, elles les jugent beaucoup trop timides et appellent à poursuivre la mobilisation.

Par Jérôme Citron — Publié le 27/10/2026 à 13h00

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© Hugo Aymar/Haytham-RÉA

Si les premières annonces du gouvernement ne parviendront sans doute pas à mettre fin à la mobilisation des lycées et des universités, elles marquent un tournant dans le mouvement. Après plus de quatre semaines de silence, l’exécutif semble avoir enfin décidé d’amorcer un dialogue avec les syndicats lycéens et étudiants. Manifestement, le gouvernement a pris conscience que parier sur le pourrissement du mouvement pendant les vacances scolaires et la supposée démotivation des jeunes n’avait pas fonctionné.

L’ampleur des mobilisations du 24 octobre et la perspective d’une mobilisation avec le monde du travail, le 5 novembre prochain, ont contraint le Premier ministre, le lundi 26 octobre, à revoir sa copie et à annoncer une série de mesures censées faire baisser la pression. 

Les mesures gouvernementales mises sur la table

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, le gouvernement s’engage à réformer en deux temps la très décriée plateforme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup. Elle pourrait être réformée dès 2027 puis remplacée progressivement à partir de 2028. Le gouvernement annonce par ailleurs la création de 15 000 nouvelles places dans l’enseignement supérieur, particulièrement en Île-de-France, et principalement destinées aux lycéens issus de la voie professionnelle. L’idée est de favoriser la création de places dans les formations du style BTS1 ou BUT2 (qui a remplacé le diplôme universitaire de technologie). En matière de budget, un milliard d’euros d’ici à 2029 est annoncé pour les universités, dont 200 millions d’euros en 2027.

En ce qui concerne le lycée, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé que la suppression des 836 postes d’enseignants prévues dans le budget du second degré était annulée ; au contraire, le recrutement de 500 professeurs supplémentaires serait envisagé. Le ministre a également annoncé le plafonnement des effectifs des classes de seconde à 27 élèves dans les lycées les plus défavorisés, en deux temps. En 2027, 50 % des lycées les plus défavorisés seraient concernés, avant une généralisation de la mesure en 2028. Et sur la question du bâti, l’État compte mettre en place des prêts à taux avantageux aux régions (lesquelles ont la charge de la construction et de l’entretien des établissements).

Le ministre compte par ailleurs engager une réflexion sur plusieurs points décriés de la réforme Blanquer, notamment la place du contrôle continu, des mathématiques ou encore le casse-tête, en classe de première, des spécialités qui conduisent à des emplois du temps impossibles et à la fin du groupe classe. Rappelons que depuis la rentrée de 2019 et la fin des filières S, ES et L, les lycéens doivent, en classe de première, choisir trois disciplines parmi treize spécialités qu’ils peuvent combiner comme ils le souhaitent.

Si l’exécutif apparaît dorénavant déterminé à entamer une discussion avec les organisations de jeunesses, l’avenir de toutes ces annonces reste toutefois extrêmement fragile vu les difficultés à venir pour adopter le budget 2027.

Mesures de l’exécutif jugées insuffisantes

Si les organisations de jeunesse se félicitent d’avoir enfin obtenu une réponse du gouvernement, elles estiment toutefois que les mesures mises sur la table sont encore très éloignées de leurs revendications. L’intersyndicale jeunesse – qui rassemble des organisations étudiantes (Union étudiante, Fage et Unef) et l’Union syndicale lycéenne (USL) – a donc appelé à poursuivre la mobilisation et à retourner dans la rue dans les jours à venir, notamment les 31 octobre et 5 novembre. Elle revendique dix mesures principales, évaluées à 10 milliards d’euros, dont la fin de la sélection à l’université, la création de 250 000 places à l’université et une réforme des bourses.

À propos de l'auteur

Jérôme Citron
rédacteur en chef adjoint de CFDT Magazine

« Depuis des semaines, nous exigeons du gouvernement qu’il apporte des réponses politiques concrètes à ce mouvement, qu’il fasse des propositions permettant d’ouvrir des discussions avec les jeunes. Il semble enfin avoir compris, on l’espère, que c’est la seule voie possible pour sortir de la crise actuelle », affirme Jérôme Morin, secrétaire national de la CFDT chargé des questions d’éducation et de formation. Mais la CFDT, qui soutient ce mouvement lycéen et étudiant, veille à ne pas parler à sa place. « C’est aux organisations de jeunesse d’approfondir les discussions avec le gouvernement pour trouver un terrain d’entente et sortir de cette crise par le haut. »