La richesse du collectif : Formation/ consommation/ transport

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Un collectif dans la campagne

Grâce à la diversité de ses membres, le Pacte du pouvoir de vivre entend réaffirmer qu’il n’est pas question d’opposer fin du monde et fin du mois. Rencontre avec quelques-unes des associations trop méconnues du monde syndical à travers une revendication phare.

Par Marie-Nadine Eltchaninoff et Claire Nillus— Publié le 28/01/2022 à 09h30

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© REA

Fédération Léo Lagrange

Former les publics les plus fragiles

L’éducation populaire, l’animation, l’accès des jeunes aux loisirs et au sport sont au cœur de l’action de la Fédération Léo Lagrange, née des clubs de quartier et de village fondés dans les années 1950.

Forte de près de 6000 salariés et de nombreux bénévoles, reconnue d’utilité publique, cette fédération compte environ un million de personnes bénéficiaires par an. Un aspect moins connu de son champ d’action est la formation et l’insertion, gérées par cinq instituts qui irriguent tout le territoire, de la zone rurale reculée aux quartiers prioritaires des grandes métropoles.

«Nous développons des formations en direction de publics les plus en difficulté, les migrants, par exemple, les jeunes en rupture scolaire ou familiale, les personnes sous main de justice», explique Philippe Giraud, qui représente la fédération au sein du Pacte du pouvoir de vivre.

Remise à niveau, stages d’alphabétisation, aide à l’orientation, parcours de qualification professionnelle, etc., figurent parmi les principales thématiques. L’approche est spécifique de l’éducation populaire, fondée sur des méthodes de pédagogie active, de formation de pair à pair, de mise en situation professionnelle. Un accompagnement qui permet aux personnes accueillies de prendre confiance et d’apprivoiser peu à peu le monde du travail.

Zéro Waste France

Consommer durable

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L’association Zéro Waste France n’est pas étrangère à la proposition 61 du Pacte : «Mettre en place une TVA réduite sur les activités de réemploi et de réparation. Alors que ces activités permettent d’allonger la durée de vie des produits, leur coût reste encore trop souvent rédhibitoire. Il s’agit de les rendre financièrement plus accessibles tout en encourageant le développement de ces secteurs pourvoyeurs d’emplois.»

Études à l’appui, l’association a démontré que le secteur de la réparation pourrait créer trois fois plus d’emplois que le secteur du recyclage, lui-même pouvant créer cinquante fois plus d’emplois que l’élimination des déchets. « Tandis que les collectivités locales dépensent des milliards d’euros par an pour la gestion des déchets, précise Juliette Franquet, responsable de Zéro Waste France. L’État devrait valoriser la filière professionnelle de la réparation et du recyclage plutôt que la destruction. »

L’association s’est battue pour l’interdiction de la destruction des invendus neufs non alimentaires dans la loi Agec contre le gaspillage, une mesure tout juste entrée en vigueur au 1er janvier 2022 et un espoir pour Zéro Waste France, qui grandit par ailleurs de jour en jour puisque le nombre de groupes locaux a doublé depuis 2019 ! Grâce à ce réseau, les ateliers de sensibilisation se multiplient auprès des commerçants et des élus. « Même si la réglementation n’évolue pas assez vite au regard des enjeux environnementaux, la presse parle de nous et nous sommes régulièrement auditionnés », se félicite Juliette Franquet. 

Réseau Action Climat

Miser davantage sur le ferroviaire

À propos de l'auteur

Marie-Nadine Eltchaninoff
Journaliste

En France, le secteur des transports représente la première source d’émissions de gaz à effet de serre. Le Réseau Action Climat (RAC) défend les transports dont le pays a besoin pour faire face à l’urgence climatique et qui sont nécessaires aux déplacements quotidiens des Français. « Notre proposition est d’investir beaucoup plus dans le transport ferroviaire, explique Valentin Desfontaines, responsable des mobilités durables au RAC. Les petites lignes ont souffert d’un manque d’entretien depuis des décennies, le fret ferroviaire est trop peu développé. Notre plaidoyer défend cette mesure comme une alternative à la voiture individuelle ; sachant que le transport ferroviaire représente 11 % seulement des déplacements de voyageurs et 9 % seulement des marchandises transportées, le rail a devant lui une importante marge de croissance. » Encore faut-il obtenir les investissements nécessaires.

Le RAC, avec le Secours catholique, réfléchit également à un accompagnement social des personnes fragilisées par la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE), qui excluent les véhicules les plus polluants des centres-villes. « Nous cherchons des solutions concrètes : quel reste à charge pour l’achat de véhicules moins polluants ? Nous voulons aider les personnes démunies face à ces changements et permettre à tous de se déplacer sans que cela nuise au climat ni à la qualité de l’air. »