La culture de l’or blanc

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© Cyril Entzmann

iconeExtrait du magazine n°481

37 %. C’est le taux de couverture en neige artificielle des 250 domaines skiables français en 2019. On est bien loin des 90 % des Alpes italiennes et même des 100 % des JO d’hiver de Pékin ! Au cœur du massif des Aravis, en Haute-Savoie, Le Grand-Bornand dépasse largement cette moyenne nationale : la moitié de ses 85 kilomètres de pistes dispose de canons à neige. 

Par Emilie Gillet— Publié le 04/03/2022 à 10h00 et mis à jour le 04/03/2022 à 20h46

Pour la saison 2021-2022, la station a prévu de fabriquer un demi-million de mètres cubes d’or blanc, de quoi remplir plus de 130piscines olympiques. La recette pour fabriquer cette neige de culture? De l’eau, de l’air, des pompes et des canons à neige, et surtout le savoir-faire de femmes et d’hommes qualifiés qui vont produire, entretenir et surveiller cette neige tout au long de l’hiver.

Pour la station, l’enjeu économique est majeur: «En 1989-1990, premier grand hiver sans neige, la fréquentation des domaines skiables français avait chuté de 30% par rapport à l’hiver précédent. En 2006-2007, avec des conditions similaires, cette baisse de fréquentation n’a été que de 15%. Et ce, en grande partie grâce à la neige de culture», déclarait ainsi en 2017 le délégué général
de Domaines skiables de France.

Grâce aux données météorologiques et au suivi de la production de chacun des 300 enneigeurs de la station, la hauteur de neige sur l’ensemble des pistes est connue et ajustée en temps réel, selon les besoins.
Grâce aux données météorologiques et au suivi de la production de chacun des 300 enneigeurs de la station, la hauteur de neige sur l’ensemble des pistes est connue et ajustée en temps réel, selon les besoins.© Cyril Entzmann /Divergence
Grâce aux données météorologiques et au suivi de la production de chacun des 300 enneigeurs de la station, la hauteur de neige sur l’ensemble des pistes est connue et ajustée en temps réel, selon les besoins.
Grâce aux données météorologiques et au suivi de la production de chacun des 300 enneigeurs de la station, la hauteur de neige sur l’ensemble des pistes est connue et ajustée en temps réel, selon les besoins.© Cyril Entzmann
Grâce aux données météorologiques et au suivi de la production de chacun des 300 enneigeurs de la station, la hauteur de neige sur l’ensemble des pistes est connue et ajustée en temps réel, selon les besoins.
Grâce aux données météorologiques et au suivi de la production de chacun des 300 enneigeurs de la station, la hauteur de neige sur l’ensemble des pistes est connue et ajustée en temps réel, selon les besoins.© Cyril Entzmann
À la tête du pôle neige du Grand-Bornand depuis 2020, Éric Bibollet-Ruche dirige une cinquantaine de personnes chargées de la production de la neige de culture, du damage, de la sécurité des pistes et du snowpark.
À la tête du pôle neige du Grand-Bornand depuis 2020, Éric Bibollet-Ruche dirige une cinquantaine de personnes chargées de la production de la neige de culture, du damage, de la sécurité des pistes et du snowpark.© Cyrile Entzmann / Divergence
La station compte deux lacs artificiels. Le plus grand et le plus récent, celui du Maroly, renferme plus de 300 000 m3 d’eau, de quoi produire le double de volume en neige. C’est la plus grande retenue collinaire créée dans une station française.
La station compte deux lacs artificiels. Le plus grand et le plus récent, celui du Maroly, renferme plus de 300 000 m3 d’eau, de quoi produire le double de volume en neige. C’est la plus grande retenue collinaire créée dans une station française.© Cyril Entzmann / Divergence
Les canons à neige ne fonctionnent que lorsque les pistes sont fermées aux skieurs – la nuit, en général – et que les conditions météorologiques conviennent : il doit faire froid (la température idéale est de – 7 °C) et pas trop humide
Les canons à neige ne fonctionnent que lorsque les pistes sont fermées aux skieurs – la nuit, en général – et que les conditions météorologiques conviennent : il doit faire froid (la température idéale est de – 7 °C) et pas trop humide© Cyril Entzmann / Divergence
Les canons à neige ne fonctionnent que lorsque les pistes sont fermées aux skieurs – la nuit, en général – et que les conditions météorologiques conviennent : il doit faire froid (la température idéale est de – 7 °C) et pas trop humide.
Les canons à neige ne fonctionnent que lorsque les pistes sont fermées aux skieurs – la nuit, en général – et que les conditions météorologiques conviennent : il doit faire froid (la température idéale est de – 7 °C) et pas trop humide. © Cyril Entzmann / Divergence
La production de neige de culture a lieu essentiellement en novembre-décembre, lorsque la météo le permet. L’objectif est de constituer une bonne sous-couche afin que la neige qui tombera ensuite naturellement tienne tout l’hiver. Pendant la saison de ski, la production de neige de culture est ajustée en temps réel. Car au printemps, elle doit fondre rapidement pour que les pistes redeviennent des « prés à reblochon ».
La production de neige de culture a lieu essentiellement en novembre-décembre, lorsque la météo le permet. L’objectif est de constituer une bonne sous-couche afin que la neige qui tombera ensuite naturellement tienne tout l’hiver. Pendant la saison de ski, la production de neige de culture est ajustée en temps réel. Car au printemps, elle doit fondre rapidement pour que les pistes redeviennent des « prés à reblochon ». © Cyril Entzmann / Divergence
La station compte deux usines à neige. La plus récente (Maroly), date de 2016. Ses quatre pompes à eau sont capables de débiter 3 000 m3 d’eau à l’heure (tuyaux verts). Les compresseurs (tuyaux bleus) fournissent un air à 8 bars.
La station compte deux usines à neige. La plus récente (Maroly), date de 2016. Ses quatre pompes à eau sont capables de débiter 3 000 m3 d’eau à l’heure (tuyaux verts). Les compresseurs (tuyaux bleus) fournissent un air à 8 bars. © Cyril Entzmann / Divergence
Laurent Perrillat (à gauche) et Fabien Bastard sont nivoculteurs : chaque nuit en hiver, ils contrôlent la production de neige de culture, surveillent le bon fonctionnement des pompes et des enneigeurs. L’été, ils s’occupent de la maintenance du matériel.
Laurent Perrillat (à gauche) et Fabien Bastard sont nivoculteurs : chaque nuit en hiver, ils contrôlent la production de neige de culture, surveillent le bon fonctionnement des pompes et des enneigeurs. L’été, ils s’occupent de la maintenance du matériel.© Cyril Entzmann / Divergence
Fabien Bastard est  nivoculteur : chaque nuit en hiver, il contrôle la production de neige de culture, surveille le bon fonctionnement des pompes et des enneigeurs. L’été, il s’occupe de la maintenance du matériel.
Fabien Bastard est nivoculteur : chaque nuit en hiver, il contrôle la production de neige de culture, surveille le bon fonctionnement des pompes et des enneigeurs. L’été, il s’occupe de la maintenance du matériel.© Cyril Entzmann / Divergence
Dix dameuses permettent d’assurer l’entretien des pistes la nuit. Objectif : répartir au mieux la neige sur l’ensemble du domaine, la brasser pour chasser l’air et la tasser pour qu’elle tienne le plus longtemps possible.
Dix dameuses permettent d’assurer l’entretien des pistes la nuit. Objectif : répartir au mieux la neige sur l’ensemble du domaine, la brasser pour chasser l’air et la tasser pour qu’elle tienne le plus longtemps possible.© Cyril Entzmann / Divergence
Dix dameuses permettent d’assurer l’entretien des pistes la nuit. Objectif : répartir au mieux la neige sur l’ensemble du domaine, la brasser pour chasser l’air et la tasser pour qu’elle tienne le plus longtemps possible.
Dix dameuses permettent d’assurer l’entretien des pistes la nuit. Objectif : répartir au mieux la neige sur l’ensemble du domaine, la brasser pour chasser l’air et la tasser pour qu’elle tienne le plus longtemps possible.© Cyril Entzmann / Divergence
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© Cyril Entzmann / Divergence
Dameur depuis 1987, Bernard Fournier sait en temps réel quelle hauteur de neige il a sous son engin. La nuit sur les pistes, il croise renards, lièvres et même des loups, et aussi de plus en plus de skieurs de randonnée un peu trop hardis…
Dameur depuis 1987, Bernard Fournier sait en temps réel quelle hauteur de neige il a sous son engin. La nuit sur les pistes, il croise renards, lièvres et même des loups, et aussi de plus en plus de skieurs de randonnée un peu trop hardis…© Cyril Entzmann / Divergence
Bernard Fournier. Dameur depuis 1987.
Bernard Fournier. Dameur depuis 1987.© Cyril Entzmann / Divergence
Bernard Fournier sait en temps réel quelle hauteur de neige il a sous son engin.
Bernard Fournier sait en temps réel quelle hauteur de neige il a sous son engin. © Cyril Entzmann / Divergence
Sylvain Reynoud est responsable du poste des pisteurs du Maroly.
Sylvain Reynoud est responsable du poste des pisteurs du Maroly. © Cyril Entzmann / Divergence
Il est adhérent CFDT depuis 2015, il est membre du comité social et économique de la société d’économie mixte qui gère le domaine skiable 
du Grand-Bornand.
Il est adhérent CFDT depuis 2015, il est membre du comité social et économique de la société d’économie mixte qui gère le domaine skiable du Grand-Bornand. © Cyril Entzmann / Divergence
Une fois par semaine, les pisteurs analysent le manteau neigeux : aspect, température, densité, résistance… Des informations indispensables pour permettre à Météo France d’établir le bulletin 
de risques d’avalanche.
Une fois par semaine, les pisteurs analysent le manteau neigeux : aspect, température, densité, résistance… Des informations indispensables pour permettre à Météo France d’établir le bulletin de risques d’avalanche. © Cyril Entzmann / Divergence
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© Cyril Entzmann / Divergence
Une fois par semaine, les pisteurs analysent le manteau neigeux : aspect, température, densité, résistance… Des informations indispensables pour permettre à Météo France d’établir le bulletin de risques d’avalanche. Une fois par an, Denis Debray, de Météo France, les accompagne.
Une fois par semaine, les pisteurs analysent le manteau neigeux : aspect, température, densité, résistance… Des informations indispensables pour permettre à Météo France d’établir le bulletin de risques d’avalanche. Une fois par an, Denis Debray, de Météo France, les accompagne. © Cyril Entzmann / Divergence
Pisteuse-secouriste l’hiver, Fantille Cuevas est maître-nageuse l’été et sapeur-pompier volontaire. Le secours aux personnes, c’est sa vocation ! Elle assure la sécurisation du domaine skiable et l’accueil de la clientèle. Parmi les quinze pisteurs de la station, trois sont des femmes.
Pisteuse-secouriste l’hiver, Fantille Cuevas est maître-nageuse l’été et sapeur-pompier volontaire. Le secours aux personnes, c’est sa vocation ! Elle assure la sécurisation du domaine skiable et l’accueil de la clientèle. Parmi les quinze pisteurs de la station, trois sont des femmes.© Cyril Entzmann / Divergence
Pisteuse-secouriste l’hiver, Fantille Cuevas est maître-nageuse l’été et sapeur-pompier volontaire. Le secours aux personnes, c’est sa vocation !
Pisteuse-secouriste l’hiver, Fantille Cuevas est maître-nageuse l’été et sapeur-pompier volontaire. Le secours aux personnes, c’est sa vocation ! © Cyril Entzmann / Divergence
Elle assure la sécurisation du domaine skiable et l’accueil de la clientèle. Parmi les quinze pisteurs de la station, trois sont des femmes.
Elle assure la sécurisation du domaine skiable et l’accueil de la clientèle. Parmi les quinze pisteurs de la station, trois sont des femmes.© Cyril Entzmann / Divergence