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Extrait de l'hebdo n°4034
Six nouvelles entreprises, dont le groupe français Bolloré, sont pointées du doigt par la Confédération syndicale internationale dans son rapport annuel sur les entreprises représentant un réel danger pour les travailleurs et, plus généralement, la démocratie.

Pour la troisième année d’affilée, la Confédération syndicale internationale (CSI) publie son rapport intitulé « Ces entreprises qui menacent la démocratie 2026 ». Après s’être intéressé à des géants de la technologie comme Meta, Amazon et Tesla, ou encore à Exxon et Blackstone en 2024 et 2025, la CSI ajoute cette année trois nouvelles entreprises à sa liste : Apollo, OpenAI et le Groupe Bolloré, seule entreprise non américaine de ladite liste ; des entreprises dont « l’hostilité à la démocratie au travail et l’ingérence dans la vie démocratique de la société appellent une attention particulière, tant de la part des décideurs politiques que des militants », estime le rapport. Selon la CSI, « ces entreprises ne semblent plus se contenter d’exercer une influence indue sur les institutions démocratiques ou de les vider de leur substance depuis l’extérieur. Elles semblent désormais chercher à s’emparer directement du pouvoir politique et, dans certains cas, du pouvoir gouvernemental ».
Un puissant groupe au service d’un projet politique
Plus précisément, le rapport de la CSI détaille comment « les entreprises du Groupe [Bolloré] semblent être devenues de plus en plus des armes offensives dirigées contre les travailleurs et les migrants, ainsi que des tribunes depuis lesquelles leur propriétaire […] peut promouvoir l’extrême droite dans son pays et se livrer à des faits présumés de corruption à l’étranger ». De même, il apparaît, à la lecture du rapport, que « le Groupe Bolloré fait depuis des années figure de pionnier parmi les multinationales dans le recours aux procédures-bâillons (SLAPP)1, une tactique qui vise moins à rétablir les faits qu’à cibler les journalistes et les ONG qui critiquent les activités du groupe en France et à l’étranger ». La conclusion est d’ailleurs sans appel : « Vincent Bolloré semble se servir de son groupe non seulement pour gagner de l’argent mais aussi pour réaliser un projet politique d’extrême droite qui menace de saper la démocratie au travail, dans la société et dans le monde. »
Un paysage médiatique de plus en plus politisé
Un constat partagé par la CFDT Journalistes, qui explique, dans son livret Face à l’extrême droite – Plus que jamais journalistes, que, « ces dernières années, le paysage médiatique français s’est […] fortement coloré d’extrême droite. Cela, avant tout via l’implication de milliardaires patrons de presse tenants de ces idées, notamment un en particulier : Vincent Bolloré. À la tête d’un patrimoine total estimé à environ dix milliards d’euros, il investit dans les médias depuis le début des années 2000 : groupe Canal (Canal+, CNews, CStar…), groupe Prisma Média (Femme actuelle, Geo, Capital…), Lagardère Média News (JDD, Le JDNews), Lagardère Radio (Europe 1, Europe 2, RFM) ».
Avant qu’il ne soit trop tard…
Face au Groupe Bolloré comme face à l’ensemble des entreprises épinglées par le rapport, « nous devons faire preuve du même courage et de la même solidarité pour résister au coup d’État des milliardaires, le mettre en échec et amorcer un renouveau démocratique, insiste Luc Triangle, le secrétaire général de la CSI. Les travailleurs et travailleuses du monde entier prennent des mesures urgentes. Les gouvernements et les institutions doivent en faire autant – avant qu’il ne soit trop tard ».