Temps de lecture 4 min
Extrait de l'hebdo n°4006
La CFDT, la CFTC et les organisations patronales de la branche de la propreté ont conclu un accord majoritaire en février 2026 afin d’étoffer la convention collective concernant la prévention des risques professionnels. Ce sujet n’avait pas été abordé depuis 2012…

Les risques professionnels dans le domaine du nettoyage et de la propreté sont particulièrement bien identifiés. Les chutes de plain-pied ou de hauteur sont ainsi responsables d’environ 45 % des accidents du travail. Les manutentions manuelles sont, elles, responsables d’environ 40 % des accidents. Autre point important : les troubles musculosquelettiques (TMS) représentent 97 % des reconnaissances de maladies professionnelles dans le secteur. « Rien n’avait été négocié en branche concernant la prévention des risques professionnels depuis 2012 ; il était donc urgent de requestionner le sujet », explique Sandrine Villalon, secrétaire nationale de la CFDT Services chargée de la branche de la propreté. Une négociation s’est donc ouverte l’année dernière. « C’est allé assez vite car nous sommes tout de suite arrivés avec un accord rédigé. D’ailleurs, 80 % de nos demandes ont été reprises dans l’accord final » – conclu le 19 février 2026 et venant modifier la convention collective de la branche.
À l’arrivée, un texte de 19 pages, annexes comprises, met l’accent sur la prévention en santé et sécurité au travail et remet à plat les rôles de chacune des parties au sein de l’entreprise (direction, CSE, salariés…). Un focus important est fait sur le Duerp1 – « mis de côté par beaucoup d’entreprises », précise la secrétaire nationale – ainsi que sur le plan d’actions qui doit en découler. Les employeurs s’engagent à mieux former et informer les salariés en matière de sécurité et santé au travail. L’accord aborde aussi le suivi médical, notamment dans le cas de salariés multi-employeurs, particulièrement nombreux dans ce secteur. La lutte contre le harcèlement sexuel et moral, grâce à la mise en place de référents, sera ainsi inscrite dans la convention collective.
Traiter les spécificités du nettoyage
L’accord aborde assez longuement les particularités du secteur, soulignant que les entreprises clientes et les entreprises de propreté doivent se coordonner pour mieux lutter contre les risques professionnels. Un plan de prévention commun doit par exemple être mis en place avant le début de la prestation dans l’entreprise cliente. Les travailleurs isolés font l’objet d’une attention particulière, sachant qu’ils sont nombreux à travailler en étant soumis à des horaires atypiques.
Et en ce qui concerne les TMS, en plus des dispositifs existants et de l’accompagnement de l’Assurance maladie sur ce sujet, la partie patronale s’engage notamment à proposer une formation spécifique destinée au personnel d’encadrement intermédiaire, personnel le plus souvent en contact avec les agents de propreté et qui joue un rôle important dans les actions de prévention sur le terrain.
Un accord majoritaire
« Il va falloir agir beaucoup plus en amont contre les risques professionnels pour ne pas avoir des indicateurs qui se dégradent. La branche est sous injonction de l’Assurance maladie afin que la courbe des accidents du travail et des maladies professionnelles s’inverse, souligne Sandrine Villalon. Nous sommes fiers de cet accord. Sur le sujet, il y avait jusqu’à présent trop peu de choses. »
L’accord, signé par la CFDT et la CFTC, est majoritaire. La procédure d’extension est en cours, menée par les services du ministère du Travail. La décision devrait être connue en juin. « Il faut désormais que ce texte vive dans les entreprises, insiste la secrétaire nationale. Le rôle de la commission de suivi sera primordial. »