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Extrait de l'hebdo n°4021
Partout en France, la CFDT participe aux marches des fiertés 2026 pour défendre les droits des personnes LGBTQIA+ et lutter contre les discriminations dans le monde du travail. Cette présence se révèle indispensable à l’heure où les discriminations en raison de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle se renforcent.

De Rennes à Grenoble, en passant par Lille et Belfort, cette année encore, la CFDT a répondu présente dans les marches des fiertés organisées partout sur le territoire. « L’an dernier, nous avions participé à 61 marches en France. Cette année, nous sommes présents dans 84 d’entre elles », souligne Xavier Guillauma, secrétaire confédéral chargé des questions de discriminations à la CFDT.
Une mobilisation qui se structure au niveau confédéral
Selon lui, cette progression s’explique par plusieurs facteurs. « D’abord, les responsables engagés dans les territoires et les syndicats considèrent que participer à une marche des fiertés fait pleinement partie de leur engagement syndical. Défendre dans la rue le droit à la différence, les libertés individuelles, le respect de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, c’est en parfaite cohérence avec les valeurs de la CFDT. »
Les marches des fiertés sont aussi porteuses d’espoir. « Elles permettent de dénoncer les discriminations mais aussi de promouvoir, dans une ambiance festive, l’égalité, l’inclusion et le respect de toutes les diversités. Elles ne sont pas seulement des mobilisations contre quelque chose : elles portent un projet de société plus juste. Et elles sont intergénérationnelles ! À 15, 25, 45 ou 65 ans, on défile ensemble. Ces rassemblements créent du collectif, du lien et un fort sentiment d’appartenance », affirme Xavier.

Cette dynamique s’appuie aussi sur un travail de fond mené par la CFDT. « Nous avons renforcé notre engagement contre les discriminations, notamment envers les personnes LGBTQIA+. La création, l’an dernier, d’une coordination LGBTQIA+ a rendu cet engagement plus visible. Nous avons également développé de nouveaux outils militants : ressources mises à jour sur ARC, enrichissement du guide de la collection “Vivre ensemble, travailler ensemble”, nouveaux contenus et espace dédié dans l’Espace adhérent·e. Ces outils permettent de partager les bonnes pratiques, d’outiller les équipes syndicales et de favoriser l’engagement. C’est un travail collectif qui produit aujourd’hui des effets concrets sur le terrain ! »
Dans les territoires, les militants CFDT s’organisent afin de gagner en visibilité. Dans les Hauts-de-France, les équipes ont notamment profité des Prides pour faire connaître le violentomètre des LGBT+phobies, un nouvel outil de prévention et d’aide au repérage des violences conçu par la CFDT sous la forme d’un thermomètre.

« Sur notre stand, nous le distribuions au format marque-page afin de sensibiliser aussi les jeunes des établissements scolaires. Des élèves l’ont apporté à leurs enseignants, et plusieurs personnes nous ont sollicités pour intervenir sur leur lieu de travail. Cette année, nous avons participé à 11 marches des fiertés, dont celles de Lille, le 30 mai, et d’Arras, le 13 juin ! », détaille Anne-Lise Leclercq, référente discriminations de la CFDT Hauts-de-France.
Une présence renforcée malgré la progression de l’extrême droite
Plus au sud, en Occitanie, le maintien des manifestations a parfois tenu du défi. « Avec la forte progression de l’extrême droite dans la région, nous redoutions que certaines marches soient annulées. Finalement, elles ont toutes eu lieu », explique Françoise Fabre, secrétaire régionale de la CFDT Occitanie.
D’après la militante, cette mobilisation renouvelée porte un message politique fort. « Ce que je vois, c’est un mouvement citoyen qui s’organise pour dire : “Ce n’est pas ça que nous voulons.” À Montpellier, par exemple, les organisateurs ont repris le célèbre logo de SOS Racisme avec la main, puisqu’ils étaient soutenus par l’association. On pouvait y lire : “Touche pas à ma Pride” ». À ses yeux, ce slogan allait bien au-delà de la défense des droits des personnes LGBTQIA+. « Il fédérait toutes les luttes contre les discriminations. C’est ce qui nous anime à la CFDT : défendre les droits des personnes LGBTQIA+ mais, plus largement, promouvoir le vivre-ensemble et le respect de toutes les différences. »
Il reste encore beaucoup de travail !
Malgré une présence renforcée de la CFDT dans les marches des fiertés, la militante rappelle que la visibilité des personnes LGBTQIA+ au travail reste un enjeu majeur pour l’organisation. « Beaucoup de nos militants ne veulent pas être les premiers à se rendre visibles. Certains renoncent même à des droits, comme déclarer leur conjoint sur leur mutuelle, pour ne pas révéler leur orientation sexuelle. Il faut aussi accompagner les nouveaux droits, notamment en matière d’homoparentalité, afin qu’ils ne se traduisent pas par des pertes de salaire ou des difficultés professionnelles », explique Françoise Fabre. Selon elle, deux pistes de travail se dessinent : développer des dispositifs accessibles à tous sans obliger les salariés à se dévoiler et poursuivre le travail de sensibilisation afin que chacun puisse parler librement de sa vie personnelle. « Aujourd’hui, une poignée de militants participent aux Prides. Notre présence est surtout informative et festive. L’enjeu est désormais de transformer ces échanges en contacts durables et en adhésions. ». Des objectifs qui ne manqueront pas de nourrir la préparation des fiertés 2027.