Syndicalisme Hebdo prend ses quartiers d'été jusqu'à la prochaine édition le 31 août. Mais la rédaction reste mobilisée tout l'été sur notre site et sur notre compte Twitter @SH_CFDT.

[Dossier Emploi] Témoignages abonné

Louis 27 ans, jeune diplômé à l'avenir bien tracé; Yahya 25 ans, réfugié afghan, en voie d'obtenir un stage plaquiste; Clément & Helen 25 ans, au seuil de l’entrepreneuriat, et Maëlle 23 ans, qui s'apprêtait à signer CDI dans la com' digitale... Le parcours de ces jeunes semblait bien dessiné, mais la crise sanitaire a fait bouger les lignes...

Par La rédaction— Publié le 21/10/2020 à 08h49 et mis à jour le 14/01/2021 à 13h59

image

“Il faut s’adapter sans se renier”

Pour Louis, 27 ans,  la crise sanitaire a stoppé brutalement une insertion professionnelle qui semblait aller de soi. Le sort de nombreux jeunes diplômés qui étaient portés jusqu’à présent par un marché du travail dynamique.
 Installé à Bruxelles depuis septembre 2019, Louis commençait à goûter à cette vie indépendante et pleine de promesses. Après trois ans d’alternance et un CDD, ce contrat volontariat international en entreprise (VIE, qui permet aux entreprises françaises d’envoyer un jeune de 18 à 28 ans en mission dans un État membre de l’UE) comme chargé de projet était parti pour être le dernier échelon de son insertion durable dans le monde du travail. Pourtant, en février, tout s’est arrêté : « Ils ne m’ont plus confié de projets. J’étais en télétravail, mais sans mission. »

Un e-mail sur sa boîte l’alerte qu’une réunion va avoir lieu, sans plus de précision. Ce sera finalement pour rompre son contrat de manière anticipée. Une rupture conventionnelle plus ou moins forcée. «Au début, j’ai vécu sur mes économies en essayant de trouver du travail, en France comme en Belgique. Mais, rapidement, il a fallu revoir les ambitions à la baisse.» Retour en France, chez ses parents.

Avec ses proches, il n’a rien laissé paraître. « On parlait de ce que l’on vivait de manière décontractée, en essayant de ne pas s’alarmer. Intérieurement, j’avais les jambes coupées. » L’impression d’aller à contre-courant. « Sans le contexte sanitaire, j’aurais sans doute pris cette fin de contrat avec plus de recul. Là, je dois repartir de zéro », résume-t-il.

Il y a quelques semaines, il signe finalement un contrat en alternance d’un an dans le secteur de l’énergie, cette fois. Le temps de rebondir. « Il faut s’adapter sans se renier. Maintenant que j’ai touché à différents secteurs, je sais où je veux aller, où je ne veux pas. Ce que je suis prêt à accepter ou pas. Mais pour les plus jeunes, la difficulté va être de pouvoir encore dire non. » Louis redoute cette compétition de jeunes diplômés pour avoir un job et rester employable, coûte que coûte.

« On entre à nouveau dans un marché du travail à flux tendu, avec des offres d’emploi de plus en plus diluées. La crise a renforcé cette nécessité pour nous de devoir avaler des couleuvres, et s’estimer heureux de toucher 1 600 euros après un bac +5. » Quand il parle de l’avenir, Louis ne le voit pas en France.

Après son expérience belge, il s’imaginait déjà pousser les portes du Danemark pour « aller se confronter à un autre monde du travail, moins rigide que le système français. Le cadre de vie au travail, comme la possibilité de télétravailler, est un élément d’attractivité hyper important pour moi, et je ne pense pas pouvoir le trouver en restant ici ». Aujourd’hui, ses rêves ne sont pas arrêtés. Juste en sommeil, le temps que l’orage passe.

 

Sauvé in extremis !

Yahya Rezai, 25 ans, réfugié afghan, a réussi à décrocher un stage quand le confinement est imposé…

Claire Haloin, militante CFDT et conseillère en mission locale à Chartres, ne se fait aucune illusion sur l’année  à venir : « Cela va être intense ! », s’exclame-t-elle. Elle a déjà pu constater l’impact de la crise sanitaire  sur les parcours des jeunes qu’elle accompagne.

Dont celui de Yahya Rezai, 25 ans, qui a frôlé la catastrophe. Ce jeune réfugié afghan, arrivé en France en 2018, obtient l’an dernier un titre professionnel de plaquiste à la suite d’une formation à l’Afpa. Il décroche ensuite un stage avec  une perspective d’embauche et trouve un logement en foyer de jeunes travailleurs.Tout se présente au mieux… jusqu’à la décision de confinement. Tous ses projets s’écroulent alors. La promesse d’embauche tombe à l’eau, et Yahya se retrouve isolé dans  son…

Pour continuer de lire cet article, vous devez être abonné.

s'abonner

Déjà abonné ? Connectez-vous