Mon imprimeur is green

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iconeExtrait du magazine n°484

C’est dans cette imprimerie de Seine-et-Marne (77) que CFDT magazine est mis sous presse chaque mois. La CFDT a fait le choix de garder ce lien matériel avec ses adhérents. Une décision réfléchie, qui n’est pas en contradiction avec ses convictions écologiques. En effet, tandis que les usages liés au numérique explosent partout dans le monde, le papier est en passe de devenir un support de lecture plus sobre en énergie, surtout s’il est fabriqué à partir de forêts écoresponsables et imprimé avec de nouveaux procédés industriels, moins gourmands en eau, en électricité et en produits chimiques.

Par Claire Nillus— Publié le 03/06/2022 à 10h16 et mis à jour le 11/06/2022 à 08h21

De plus, une fois imprimé, le papier ne consomme plus d’énergie, contrairement à l’archivage de fichiers numériques, stockés sur un serveur et lourds de plusieurs mégaoctets. « Tous nos journaux peuvent avoir une deuxième vie, ce qui n’est pas le cas d’un ordinateur, car pour avoir le droit d’imprimer, nous devons fournir un certificat de “désencrabilité” ; il atteste que les encres que nous utilisons pourront être éliminées pour la fabrication de nouveaux papiers », explique Sylvain Roux, le directeur de la production.

Et de la chaleur des machines récupérée pour chauffer les locaux, jusqu’aux copeaux de papier aspirés et recompostés en briques, l’usine cherche par tous moyens à réduire son empreinte environnementale.

Roto France emploie 130 personnes. La majorité travaille en 3 x 8. L’imprimerie fonctionne en continu et consomme près de 40 000 tonnes de papier par an. D’où l’importance de se mettre en phase avec les enjeux environnementaux actuels.
Roto France emploie 130 personnes. La majorité travaille en 3 x 8. L’imprimerie fonctionne en continu et consomme près de 40 000 tonnes de papier par an. D’où l’importance de se mettre en phase avec les enjeux environnementaux actuels. © Cyril Badet
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© Cyril Badet
Il est impossible de fabriquer de nouveaux appareils numériques sans des métaux rares dont les stocks mondiaux s’épuisent. Ici, l’intégralité du papier acheté provient de forêts labellisées durables, toutes situées en Europe (principalement en Scandinavie). Il s’agit donc d’une ressource renouvelable et recyclable. 
Bien qu’il y ait encore beaucoup de progrès à faire dans le domaine des déchets, le papier est actuellement le matériau le mieux valorisé et il peut se recycler cinq fois de suite.
Il est impossible de fabriquer de nouveaux appareils numériques sans des métaux rares dont les stocks mondiaux s’épuisent. Ici, l’intégralité du papier acheté provient de forêts labellisées durables, toutes situées en Europe (principalement en Scandinavie). Il s’agit donc d’une ressource renouvelable et recyclable. Bien qu’il y ait encore beaucoup de progrès à faire dans le domaine des déchets, le papier est actuellement le matériau le mieux valorisé et il peut se recycler cinq fois de suite. © Cyril Badet
Laurent Neuhut est responsable du pôle Prépresse, où sont réceptionnés les fichiers des clients. « À ce stade, il est encore possible d’effectuer des corrections », précise-t-il.
Laurent Neuhut est responsable du pôle Prépresse, où sont réceptionnés les fichiers des clients. « À ce stade, il est encore possible d’effectuer des corrections », précise-t-il.© Cyril Badet
Premières épreuves pour dernières vérifications. « Avant de lancer nos rotatives, il vaut mieux prendre toutes les précautions, n’est-ce pas ? »
Premières épreuves pour dernières vérifications. « Avant de lancer nos rotatives, il vaut mieux prendre toutes les précautions, n’est-ce pas ? » © Cyril Badet
Le magazine est d’abord gravé au laser sur des plaques souples en aluminium pour une impression offset – procédé qui permet d’imprimer en grandes quantités. Il faut huit plaques au total pour encrer 
les feuilles de papier : une par couleur en recto, une par couleur en verso. La bobine de papier glisse d’abord sur la plaque encrée en noir, puis en cyan (bleu), puis en magenta (rouge) et en jaune. La synthèse 
de ces quatre couleurs permet d’obtenir toutes les nuances chromatiques souhaitées. Les encres utilisées sont fabriquées à partir de bases végétales (soja ou colza) qui présentent une moindre toxicité par rapport aux encres minérales (à base de pétrole).
Le magazine est d’abord gravé au laser sur des plaques souples en aluminium pour une impression offset – procédé qui permet d’imprimer en grandes quantités. Il faut huit plaques au total pour encrer les feuilles de papier : une par couleur en recto, une par couleur en verso. La bobine de papier glisse d’abord sur la plaque encrée en noir, puis en cyan (bleu), puis en magenta (rouge) et en jaune. La synthèse de ces quatre couleurs permet d’obtenir toutes les nuances chromatiques souhaitées. Les encres utilisées sont fabriquées à partir de bases végétales (soja ou colza) qui présentent une moindre toxicité par rapport aux encres minérales (à base de pétrole). © Cyril Badet
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© Cyril Badet
Dans quelques semaines, le pôle Prépresse achèvera sa mue pour fonctionner sur de nouvelles machines qui ne consomment ni eau ni produits chimiques. Ce qui représentera 20 litres d’eau économisés par plaque, c’est considérable !
Dans quelques semaines, le pôle Prépresse achèvera sa mue pour fonctionner sur de nouvelles machines qui ne consomment ni eau ni produits chimiques. Ce qui représentera 20 litres d’eau économisés par plaque, c’est considérable !© Cyril Badet
Jusqu’à 30 000 exemplaires à l’heure sont imprimés, pliés, découpés et encartés. Ils sont ensuite reliés et agrafés ou collés.
Jusqu’à 30 000 exemplaires à l’heure sont imprimés, pliés, découpés et encartés. Ils sont ensuite reliés et agrafés ou collés. © Cyril Badet
Des contrôles qualité sont effectués par des prélèvements tout au long de la ligne de fabrication. Ici, un conducteur effectue des retouches couleur sur le pupitre à encres.
Des contrôles qualité sont effectués par des prélèvements tout au long de la ligne de fabrication. Ici, un conducteur effectue des retouches couleur sur le pupitre à encres.© Cyril Badet
Il y a des bennes partout et pour chaque type de déchet, car tout part au recyclage. De même, les « produits de mouillage » (eau et huile), utilisés pour l’impression offset, sont intégralement repris après usage par le prestataire.
Il y a des bennes partout et pour chaque type de déchet, car tout part au recyclage. De même, les « produits de mouillage » (eau et huile), utilisés pour l’impression offset, sont intégralement repris après usage par le prestataire.© Cyril Badet
Lors de la phase de séchage des feuilles, les huiles et les solvants qui s’évaporent sont collectés et brûlés pour ne pas être rejetés dans l’atmosphère. La chaleur produite est récupérée afin de chauffer l’usine.
Lors de la phase de séchage des feuilles, les huiles et les solvants qui s’évaporent sont collectés et brûlés pour ne pas être rejetés dans l’atmosphère. La chaleur produite est récupérée afin de chauffer l’usine.© Cyril Badet
Là, c’est un système d’aspiration des poussières de papier de l’usine. Elles aussi sont récupérées, filtrées et transformées en briquettes compactes destinées à divers usages suivant l’adage « rien ne se perd, rien ne se crée tout se transforme ».
Là, c’est un système d’aspiration des poussières de papier de l’usine. Elles aussi sont récupérées, filtrées et transformées en briquettes compactes destinées à divers usages suivant l’adage « rien ne se perd, rien ne se crée tout se transforme ».© Cyril Badet