Chez Groupama Gan, un plan de formation aux petits oignons

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iconeExtrait de l’hebdo n°3881

Pour accompagner au mieux ses militants, les anciens comme les nouveaux, la section CFDT les a consultés afin de leur proposer un plan de formation sur mesure au cours des douze prochains mois.

Par Claire Nillus— Publié le 04/07/2023 à 12h00

Debout à droite : Thomas Comiti-Clémençon à Paris lors de l’AG du 9 juin, à laquelle étaient présents une cinquantaine de militants CFDT.
Debout à droite : Thomas Comiti-Clémençon à Paris lors de l’AG du 9 juin, à laquelle étaient présents une cinquantaine de militants CFDT.© Syndheb

1. Unité économique et sociale.

2. Activités sociales et culturelles.

En avril 2023, la CFDT de l’UES1 Groupama Gan (six entités et 6 300 salariés en France) a conforté sa place de première organisation syndicale avec 42,71 % des voix, devant la CFE-CGC et la CGT. Thomas Comiti-Clémençon, délégué syndical central CFDT de l’UES Groupama Gan, se félicite de la campagne de communication multicanal (visites de terrain, tracts, réseaux sociaux, phoning…) qui a permis de faire connaître le travail réalisé depuis quatre ans. La section a ainsi pu se prévaloir d’une augmentation collective des salaires (elle avait été supprimée) et de la signature d’un nouvel accord télétravail. Elle a également tiré parti du bilan des ASC2, pour lesquelles elle était à la manœuvre, et de la négociation à venir sur le partage de la valeur qu’elle a demandée.

Le scrutin a fait l’objet d’un bilan détaillé début juin, lors d’une assemblée générale à Paris devant une cinquantaine de militants venus d’un peu partout en France. Outre ce point-là, la réunion avait pour objectif de recueillir la parole des élus, les anciens comme les nouveaux, sur leurs besoins de formation.

Mieux accompagner les équipes grâce à la formation

« L’appel à voter pendant la campagne électorale a bien fonctionné puisque le taux de participation est non seulement élevé (67 %) mais meilleur que celui de 2019. Et malgré la mise en place du CSE, la crise sanitaire et la fatigue militante, la CFDT gagne deux points par rapport aux précédentes élections. Seulement, si plus de salariés nous font confiance, il est nécessaire en retour de bien accompagner les équipes. La formation est un moyen de les aider », explique Thomas Comiti-Clémençon. « Précédemment, les élus n’avaient pu être formés qu’en fin de mandature à cause, notamment, de la pandémie. Pour nous, le travail commence dès maintenant ! Il faut recenser les besoins, trouver les financements, les prestataires et les dates qui conviennent. » La section souhaite en effet établir un planning dès la fin juillet afin que les élus puissent être formés d’ici à mars 2024.

3. Unique filiale d’assurance de personnes du groupe Groupama.

« Il s’agit aussi de leur proposer un plan de formation plus interactif. Quand les formateurs sont choisis par la direction, nous n’y trouvons pas forcément notre compte », ajoute Farida Adamon, secrétaire du comité social et économique Groupama Gan Vie3, en charge de ce dossier avec Emmanuelle Auchart et avec l’appui de la Fédération CFDT Banques et Assurances. Surtout, en plus des formations obligatoires prises en charge par la direction (santé et sécurité, formation économique et financière, connaissance de l’entreprise, représentants de proximité et délégués syndicaux), la section cherche à mettre en place un programme le plus individualisé possible et tenant compte de la situation de chaque élu au moment de sa prise de mandat.

Un mandat, des compétences à développer et à valoriser

Pour cela, les militants ont été invités, en ateliers, à réfléchir sur leurs besoins individuels et collectifs. Clémentine, nouvelle élue, aimerait être plus à l’aise lorsqu’elle prend la parole face à la direction. Une autre militante reconnaît, elle, plus de difficultés à écrire qu’à parler et souhaite apprendre à rédiger des tracts et à maîtriser la communication numérique. Caroline, comme beaucoup d’autres, voudrait mieux se protéger face au désarroi des salariés qu’elle rencontre. « Devant une personne qui va mal, je me sens démunie. Comme réagir ? Comment garder la bonne distance ? » D’autres demandes ont été exprimées collectivement, dont « proposer l’adhésion », « les bases de la négociation » ou « le droit du travail » mais, comme Caroline, beaucoup de militants disent vouloir se prémunir des risques psychosociaux.

4. Validation des acquis de l’expérience.

5. Compte personnel de formation.

« S’il y a pléthore de formations sur la prévention des RPS des salariés en entreprise, nous avons beaucoup plus de mal à trouver un module qui s’adresse exclusivement aux militants. Nous ne sommes pas des psys et, cependant, c’est devenu une priorité pour nous de pouvoir accueillir la détresse des salariés sans risque pour notre santé. Nous devons aussi gérer notre charge de travail et des relations parfois conflictuelles avec les directions et les autres organisations syndicales », précise Farida Adamon, qui dit chercher activement un prestataire capable de traiter le sujet. Autre sujet sur lequel elle insiste : la valorisation des parcours militants. « Au terme de trois mandats, vous retournerez dans la vie professionnelle. Vous devez préparer l’après ! » Alors, pour aider les militants à monter en compétences, un guide est en cours d’élaboration. Il recensera toutes les formations possibles, les démarches à effectuer pour les obtenir, réaliser un bilan de compétences, une VAE4 ou encore utiliser son CPF5.

“Bienvenue à la CFDT”… c’est pour tout le monde !

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

Enfin, tout le monde aura droit à la formation « Bienvenue à la CFDT » lors de la prochaine assemblée générale, à l’automne 2023. « Elle se déroule sur une journée, et personne ne l’a suivie chez nous, poursuit Farida. Comme dans d’autres entreprises, nous sommes sollicités en permanence, nous enchaînons les instances, nous faisons des adhésions mais nous ne prenons jamais de temps pour nous. Alors nous avons décidé de le faire et de réviser nos bases ! »