Le partage de l’effort compte autant que son montant

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icone Extrait de l'hebdo n°4029

Par Catherine Nave-Bekhti — Publié le 29/09/2026 à 12h00

Catherine Nave-Bekhti, secrétaire nationale.
Catherine Nave-Bekhti, secrétaire nationale.© Joseph Melin

À propos de l'auteur

Catherine Nave-Bekhti
Secrétaire nationale de la CFDT

Dans deux jours, le gouvernement rendra public le projet de loi de finances qu’il soumettra au débat parlementaire. Après la multiplication des ballons d’essai tout au long de l’été mais aussi les courriers et entretiens médiatiques qui distillent quelques pièces du puzzle, nous allons enfin avoir une vision d’ensemble.

Selon la CFDT, les débats relatifs au budget de l’État ne peuvent se limiter à l’angle budgétaire ou se résumer à la question : « Où faire des coupes ? ». Le budget de l’État a des conséquences sur la vie quotidienne de toutes et tous. Il y va du financement des services publics, des conditions de travail et de la rémunération des agents publics, qui sont au service de la population. C’est donc en ayant en tête les réalités professionnelles, personnelles et territoriales que la CFDT évaluera les pistes du gouvernement pour 2027, et les propositions des parlementaires.

La CFDT ne nie pas les enjeux macroéconomiques, et les risques multiples pour l’économie et les finances publiques de la France : conséquences des conflits dans le monde, des canicules et de la sécheresse, hausse des taux d’intérêt auxquels notre pays emprunte. Mais la CFDT continuera, aussi, de rappeler que le redressement des finances publiques ne doit pas reposer sur l’injustice sociale ni sur le renoncement à préparer l’avenir.

Le partage de l’effort compte autant que son montant. Les recettes doivent être mises sur la table autant que les dépenses. Nous devons pouvoir parler de la contribution des revenus les plus élevés et des patrimoines les plus importants, de la fiscalité du capital, de l’efficacité des aides publiques aux entreprises et des contreparties que nous sommes en droit d’attendre.

Et puis un budget ne sert pas seulement à boucler l’année suivante. Il doit préparer aussi les dix ou quinze années qui viennent. Si nous réduisons aujourd’hui nos investissements dans l’éducation, la formation, la santé, la recherche, la rénovation énergétique ou l’adaptation au changement climatique, nous améliorerons peut-être certaines lignes comptables à court terme… mais nous préparerons une facture beaucoup plus lourde demain. Le sérieux budgétaire est indispensable. Mais le sérieux, ce n’est pas seulement savoir où couper. C’est aussi savoir investir et savoir dans quoi il serait irresponsable de ne plus investir.