Après l’Acni formation professionnelle, le ministère du Travail lance cinq chantiers

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iconeExtrait de l’hebdo n°3801

Le 18 novembre, la ministre du Travail recevait les partenaires sociaux pour un retour sur les 49 propositions paritaires reprises dans l’accord-cadre national interprofessionnel (Acni) du 15 octobre. Le ministère a lancé cinq chantiers sur des sujets susceptibles d’aboutir avant la fin du quinquennat.

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 30/11/2021 à 13h00

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© Rainer Unkel/RÉA

C’est sous le signe de la complémentarité que vont se poursuivre les travaux visant à améliorer le système de formation professionnelle. Complémentarité entre le travail actuellement mené par les partenaires sociaux, dans le cadre de l’agenda social autonome, qui a permis de conclure un accord-cadre le 15 octobre dernier, et le dialogue mené avec le gouvernement. L’objectif est de faire aboutir d’ici à la fin du quinquennat les pistes évoquées dans l’accord qui ne nécessitent pas de traduction législative.

En recevant les représentants des organisations syndicales et patronales le 18 novembre, Élisabeth Borne n’a pas manqué de saluer la qualité des travaux paritaires. « Nous avons eu un retour précis sur les 49 propositions, souligne Yvan Ricordeau, secrétaire national CFDT. Le ministère partage l’analyse effectuée par les partenaires sociaux. C’est une reconnaissance de la place des partenaires sociaux que l’on n’avait pas vue depuis la réforme de 2018. »

Cinq sujets prioritaires

Concrètement, la ministre du Travail lance cinq groupes de travail techniques sur l’apprentissage, le CPF, la gouvernance, la cartographie des données sur la formation, les incitations fiscales visant à favoriser l’investissement dans les compétences. « Sur les trois premiers sujets, les réponses apportées par le ministère correspondent aux évolutions souhaitées par la CFDT », se félicite le secrétaire national. En ce qui concerne l’apprentissage, un travail portant sur la méthodologie de fixation des niveaux de prise en charge permettra d’assurer une meilleure maîtrise de son développement.

Le sujet de la régulation du compte personnel de formation (CPF) avance également. La promotion du conseil en évolution professionnelle, mieux valorisé depuis qu’il est intégré à l’application moncompteformation, y contribue. Les partenaires sociaux auront par ailleurs accès au comité de pilotage trimestriel animé par la Caisse des dépôts, organisme gestionnaire du CPF.

Retour des partenaires sociaux dans la gouvernance

Organisations syndicales et patronales auront de nouveau un rôle à jouer dans la gouvernance globale du système de formation, par le biais d’une instance, dont les groupes de travail techniques préciseront « le bon format pour avoir des discussions stratégiques pour penser, définir, faire évoluer les politiques de formation initiale et continue », indique le ministère du Travail. « C’est une façon de reconnaître que le big bang de 2018 n’a pas provoqué une amélioration de la gouvernance, analyse Yvan. Il est donc ici question de réinstaller une instance de pilotage stratégique qui n’existe pas aujourd’hui. »

À propos de l'auteur

Marie-Nadine Eltchaninoff
Journaliste

Si les annonces faites lors de ce rendez-vous apparaissent satisfaisantes, le sujet est loin d’être épuisé. « Ce que nous portons dans le cadre de l’Acni nécessite à un moment ou à un autre de parler des enjeux financiers, indique Yvan. Le vrai rendez-vous aura lieu après la présidentielle. »