Fonction publique : Un agenda social très chargé abonné

• L’année 2020 a été éprouvante pour les agents, qui ont répondu présents sur tous les fronts.
• Pour la CFDT-Fonctions publiques, il y a urgence à reconnaître leur engagement.
• Un dialogue social de qualité et l’ouverture de négociations à tous les niveaux sont indispensables.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 09/12/2020 à 17h05

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« L’année 2021 sera cruciale. Elle devra être l’année de la confiance et de la reconnaissance pour les agents », prévient Mylène Jacquot, secrétaire générale de lien vers le contenu : Fonctions publiques - UFFA. Protection sociale complémentaire, organisation du travail, télétravail, renforcement de l’attractivité des métiers, négociation collective, carrières et parcours professionnels, égalité femmes-hommes, emploi des jeunes… : la liste est longue, et pas exhaustive. Tous ces sujets seront au cœur des échanges entre les organisations syndicales de la fonction publique et le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques d’ici aux prochaines semaines. Un agenda social particulièrement chargé, donc. Et des enjeux de taille, alors qu’une forme de défiance de la part des 5,56 millions d’agents publics s’installe vis-à-vis des employeurs. De fait, nombre de fonctionnaires et contractuels se sont investis sans compter – et continuent à s’investir – afin d’assurer aux Français l’indispensable continuité des services publics. Dans les hôpitaux et les Ehpad, les établissements d’enseignement et les administrations, les transports et les collectivités locales… partout, malgré la fatigue et le manque de matériel, ils répondent présents. « Cette crise nous rappelle à quel point les agents publics sont précieux et indispensables ; pourtant, ils sont maltraités depuis des années, souligne Mylène Jacquot. Le gouvernement devra en tirer les leçons. »

Une reconnaissance par le discours et les rémunérations

Cela devra passer, entre autres, par une revalorisation des rémunérations. « Des réponses fortes devront être apportées lors du prochain rendez-vous salarial [à l’été 2021], avec des mesures générales. Aucun agent public ne doit être oublié. » Si le Ségur de la santé et les résultats obtenus par la CFDT-Santé-Sociaux (notamment 183 euros nets mensuels supplémentaires pour les agents de l’hospitalière) marquent une rupture, ils ne doivent pas constituer l’arbre qui cache la forêt. Le rapport annuel sur l’état de la fonction publique (publié en novembre) révèle une baisse de 1 % du salaire net moyen en 2018. C’est là la conséquence d’une décennie de rigueur salariale et de gel du point d’indice. Parmi les plus pénalisés, les femmes, qui représentent 62 % des agents publics (78 % des effectifs de l’hospitalière, 61,3 % de ceux de la territoriale et 56 % de la fonction publique de l’État) et qui perçoivent 12,3 % de moins que les hommes. Une injustice d’autant plus flagrante que la Covid est venue rappeler leur rôle essentiel au sein de notre société, notamment aux côtés des personnes les plus fragiles. « Les filières les plus féminisées sont les moins bien rémunérées,…

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