Covid-19 : Transports, agriculture, pharmacie..., ces autres activités essentielles à la Nation abonné

• Depuis le début de la crise, ils assurent l’approvisionnement, la satisfaction des besoins et la continuité du service aux usagers.
• Au-delà du 11 mai, ils souhaitent repenser leur modèle de développement. Pour que demain ne soit pas comme avant.

Par Anne-Sophie Balle et Claire Nillus— Publié le 30/04/2020 à 08h33 et mis à jour le 14/01/2021 à 13h59

image

S’adapter, vite, pour assurer un service aux usagers. Depuis le début de la crise sanitaire, ils assurent le transport de malades, de marchandises et de tous ces salariés de la première ligne de front, dans des conditions souvent difficiles, voire dangereuses : des routiers privés de sanitaires à la suite de la fermeture des aires d’autoroute aux ambulanciers transportant jour et nuit des personnes infectées sans équipements suffisants, le secteur paie un lourd tribut ; au 24 avril, la Fédération générale des Transports et de l’Environnement (FGTE) déplorait 5 500 personnes infectées et 35 décès.

Trop longtemps, un manque de matériel de protection

Pharmacie : assurer l’urgence et repenser l’après

En flux tendu, les usines de production pharmaceutiques tiennent depuis le début de la crise pour approvisionner les officines et le corps médical. La quasi-totalité des 18 sites industriels de production du géant Sanofi (25 000 salariés) est en surcroît d’activité. Il faut dire que 85 % du capital produit est aujourd’hui nécessaire, de manière directe ou indirecte, pour lutter contre le Covid-19. Produit phare, le Doliprane a vu sa production grimper de 200 % en quelques jours, les stocks constitués par les officines venant contrer l’angoisse de la population après les discours sur les potentiels effets indésirables de l’ibuprofène. À Montpellier, une centaine de salariés travaillent depuis la mi-mars à la fourniture de lots de médicaments (dont l’hydroxychloroquine) destinés aux essais cliniques menés à travers le monde pour traiter le virus. En parallèle, une partie de la production a été mise en stand-by, notamment les produits dont les stocks étaient suffisants. « Cela permet d’assurer une certaine continuité de production et de pouvoir travailler sur le vaccin contre la grippe », précise Humberto De Sousa, coordinateur CFDT de Sanofi.

Alors, lorsqu’il s’est agi de reconnaître l’engagement des salariés qui ont assuré la continuité de la production dans des conditions souvent dégradées [la CFDT a déclenché un droit d’alerte sur les sites du Trait et de Compiègne car les mesures de distanciation n’étaient pas respectées], « la proposition d’un versement proportionnel au salaire nous a fait bondir ». Depuis, la direction a revu sa copie : une prime de 1 500 € sera versée à tous les salariés venus travailler sur site, soit environ 7 500 personnes, les salariés en télétravail bénéficiant pour leur part d’une prime de 100 € au minimum en avril et mai.

Retrouver la souveraineté sanitaire

Passée l’urgence, la CFDT espère que les alertes répétées sur la dépendance sanitaire vis-à-vis de la Chine et la sécurité sanitaire trouveront enfin un écho. Tous ont entendu les propos des pouvoirs publics aux premiers jours de la crise sur le besoin de la France de retrouver sa souveraineté en réimplantant une filière industrielle pharmaceutique en Europe. Prise de conscience ou effet d’annonce ? La Fédération Chimie-Énergie (FCE) veut croire que « ces décideurs qui se sont lancés à corps perdu dans la mondialisation verront dans cette crise un déclic ». L’occasion pourrait se présenter rapidement. Pour être le premier à s’emparer du marché du vaccin contre la dengue, Sanofi avait en 2013 fait un pari scientifique et industriel en construisant à Neuville-sur-Saône une usine dédiée, avant que soit achevé le développement du produit. Le résultat s’était soldé par un échec. Mais, cette fois, l’expérience pourrait aider le géant français à prendre part à la course au vaccin contre le Covid-19.

 

À ce jour, pourtant, ces personnes ne sont toujours pas reconnues prioritaires pour la distribution de matériel de protection. Partout, salariés et dirigeants des entreprises de transport témoignent de leurs difficultés à s’approvisionner en masques et produits désinfectants. « Dans l’Oise, l’un des tout premiers foyers infectieux de l’Hexagone, les salariés ont fait valoir leur droit de retrait dès l’apparition des premiers cas de contamination de conducteurs. Les autorités organisatrices du transport et la préfecture ont été obligées de réagir vite », explique Éric Hugon, du Syndicat national CFDT des transports urbains. Plus ou moins rapidement selon les entreprises et les régions, des mesures ont été mises en place : salariés placés en quarantaine lorsqu’une personne de leur entourage était infectée, fermeture des portes avant des bus et postes de conduite isolés par une paroi en Plexiglas ou du ruban de chantier, fourniture d’un kit…

Pour continuer de lire cet article, vous devez être abonné.

s'abonner

Déjà abonné ? Connectez-vous